Marathon de Dublin (Irlande) le 26 octobre 2013

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34th Airtricity Dublin marathon, mon quatorzième Marathon

Logo marathon Dublin 2013
Logo marathon Dublin 2013

Quatrième marathon de l’année, je clos la session 2013 par une balade irlandaise.

Ce marathon a été choisi car il se déroule au moment des vacances de la Toussaint. Nous en profitons pour partir avec les deux derniers et leur faire visiter cette ville. Quatre jours ne sont pas suffisants pour
tout voir mais travail oblige. Nous irons à l’essentiel donc au superflu.

C’est une course qui se court un lundi qui est un jour férié « Bank Holidays ». L’organisation du marathon propose la veille la « course du petit déjeuner » qui permet aux coureurs internationaux de se retrouver et de prendre un petit-déjeuner irlandais dans une ambiance musicale locale, mais je n’irai pas car il me faut le temps de m’adapter à la ville.

Ma préparation

Aponévrosite plantaire
Aponévrosite plantaire

Ma première séance de mon plan d’entrainement comporte un fractionné sur côte. A la fin des répétitions, j’ignore une petite douleur située au niveau de mon talon droit. Je boite légèrement le lendemain mais cela ne m’empêche pas de reprendre les deux séances suivantes. Ce n’est que lors des quatre vingt dix minutes de ma course longue que je comprends enfin ce qui m’arrive: une blessure assez fréquente chez le coureur à pied: une fasciite ou une aponévrosite plantaire.

Dans mon cas, l’étiologie est probablement un surentrainement: 4 marathons prévus dans l’année, marche nordique pendant les vacances, un repos post-marathon semi-complet et une première séance de fractionné en côtes pour la préparation du quatrième.

Bref: je l’ai bien mérité. Donc, repos forcé pendant un mois.

En vélo
En vélo

Septembre 2013: Malgré une reprise douce et très progressive, les lendemains de tentative de course sont catastrophiques: je boite. J’essaie de ne pas montrer mes douleurs. Physique d’abord car chaque pas est une torture, et psychologique car je sais que la préparation sera nulle.

C’est bien la première fois que je bâcle mon entrainement. C’est du vrai n’importe quoi! A défaut de courir, je me suis mise au RPM ( fractionné en vélo) à raison de 3 fois par semaine, au Body combat et au Power barre. Tout cela pour ne pas voir fondre comme neige au soleil mes petits muscles en manque d’activité.

J’appréhende dons ce marathon dont je ne maîtrise absolument plus rien. Ni la qualité de l’entrainement, ni même le kilométrage. J’espère arriver à bout de ces 42km et des poussières sans trop d’encombres entre 4h30 et 5h00!!! Eh, oui car même marcher dans la rue m’arrache quelques grimaces. Néanmoins, je suis contente de participer une fois de plus à un grand évènement.

Courir sur tapis de course

Tapis de course
Tapis de course

Moi qui trouvais idiot de courir sur place, me voici sur un tapis de course à parcourir le monde sans bouger, ou si peu, d’un iota.

J’ai découvert cette façon de courir chez le kiné.
Son appareil possède un programme qui permet de courir grâce à un ordi couplé au tapis sur un parcours parfois vallonné mais surtout varié: Rome, Berlin, le col de Turin, etc… Il permet des dénivelés positifs mais aussi négatifs! Tout cela sur 3 mètres carré!

Le tapis amortit ma douleur et je peux courir aisément entre 30 et 50 minutes. Mais est-ce suffisant pour préparer un marathon?

Le doute m’envahit parfois. L’espoir aussi.

Cela ne remplace évidemment pas la chevauchée au grand air, mais cela me permet de soulager mes petits petons malmenés par des courses à répétitions.

Objectif: cette fois-ci c’est tout simplement finir et sans trop de dégât.

Dublin, Irlande Samedi 26 Octobre 2013,

Après avoir laissé les enfants se reposer à l’hôtel, nous prenons le bus 7 pour nous rendre au Marathon-expo situé au RDS convention. Et qui vois-je à l’entrée du salon? Gérard évidemment, de Planet Tours, qui
accompagne des participants, voir Dubaï, Chicago et Londres. Le monde des marathoniens est bien petit.

Je récupère aisément mon dossard 8144, mon goodie-bag, quelques exposants sont présents mais nous ne nous attardons pas trop.

Square Fitzgerald, Lundi 28 Octobre 2013, Récit de la course

Comme d’habitude, je suis levée avant que le réveil ne sonne. Je récupère un yaourt au buffet car j’ai ramené de France mon gatosport maison. J’ai l’estomac serré mais je me force comme d’habitude.
En plus du sous-entrainement et du manque de sommeil, il ne me manquerait plus que l’hypoglycémie! Je décide de ne pas porter ma ceinture cardio.

Aire de départ Marathon Dublin 2013
Aire de départ Marathon Dublin 2013

8h30- Quand nous sortons de l’hôtel, un flot de coureurs se dirige vers la zone de départ. Nous les suivons. Heureusement, notre hôtel est très bien situé aussi bien au départ qu’à l’arrivée du marathon. Le retour n’en sera que
moins laborieux. Le vent souffle fort. J’ai oublié d’amener un vieux pull à jeter au moment du départ.

8h40- Je laisse mon mari rejoindre les enfants restés seuls à l’hôtel. Pour passer le temps, je fais la queue aux toilettes pour dernière vidange. J’essaie de m’imprégner de toute cette ambiance qui me fait apprécier ces compétitions.

Sas de départ Marathon Dublin 2013
Sas de départ Marathon Dublin 2013

J’ai l’impression que tout le monde me regarde. Est-ce dû à ma couleur de peau, à mes cheveux blancs, à ma jupe skirt, mon appareil dentaire ou à ma taille? Deviendrais-je parano?

J’ai très froid, il reste encore vingt minutes avant le coup de départ. J’attrape un gilet qui a été abandonné par un autre coureur et qui traine sur un muret. Je me réchauffe un peu.

Dans le sas, deux chicagoennes (bref, de Chicago) me font la conversation. Apparemment, nous avons le même objectif de temps. Coup de feu, nous nous souhaitons mutuellement bonne chance avant de courir chacune de notre côté.

Départ Marathon Dublin 2013
Départ Marathon Dublin 2013

Je démarre tout doucement, mon talon droit se rappelle à mon bon souvenir à chaque pas mais je vais rapidement l’occulter. Le départ est lent compte tenu d’un grand nombre de coureur mais j’essaie de ralentir encore afin de ne pas
me retrouver face au mur au 30 ème kilo. Vu que mon entrainement a été complètement anarchique voire absent: absence de sortie longue, deux sorties par semaines, 2 à 3 séances de RPM (30 à 50 mn), plus une heure de musculation et insomnie
de réveil depuis plus de six mois, plus deux heures de cours de danse irlandaise la veille de la compétition, vu les kilomètres de shopping, je serai satisfaite si je termine ma course en bonne santé.

dublin_parcoursJ’étais curieuse de savoir comment mon organisme allait encaisser cela. Comme si je me servais de mon corps comme terrain d’expérimentation. Personne ne se connaît soi-même ni ses limites, ni ses possibilités.
Au moins, cette blessure m’a permis de comprendre que tout est « presque » possible.

J’ai décidé de garder une bouteille d’eau (par souci d’écologie aussi) et de la boire jusqu’au bout. J’ai utilisé deux gels perso et consommé en plus deux gels de course. Pas de solide.

Sur la route
Sur la route

Au début de la course, à environ 5km, quelle fût notre surprise de voir cachée derrière un arbre, une femme accroupie et… se soulager. Nous détournons pudiquement les yeux. Ne parlons pas des hommes qui ne se gênent pas eux d’uriner n’importe où et n’importe quand.

Traversée du Phoenix Park. Je ne sens presque plus mon pied ou plutôt je l’ignore. Je sais que je dois avancer. Alors, je le fais. Je m’imagine le moment où je franchirai la ligne d’arrivée.

Un monde fou
Un monde fou

Le premier semi a été parfait, j’ai souvent ralenti quand je me sentais entrainée par le rythme des autres coureurs. Le second a été un peu plus laborieux. J’ai marché à partir du 30ème. Pas à cause du mur mais surtout par un manque de motivation, une sorte de lassitude. Mais cet état n’a pas duré. J’ai essayé de passer un coup de SMS à ma fille mais pour les prévenir comme convenu que tout allait bien mais mon téléphone ne captait pas.

Sac du coureur
Sac du coureur

Au trente quatrième , j’ai repris un peu de poil de la bête, j’ai harangué, sollicité, chauffé la foule qui a répondu favorablement et massivement à mes appels d’encouragement. A ce moment-là, un coureur me dépasse et me dit en souriant: » You’re awesome! ».
Mes ailes se sont redéployées.

Pour me motiver, je me donnais des buts: « Allez ma petite, après deux kilo, tu peux marcher un peu. Non, pas ici, il y a trop de monde. Avance, avance ». Les prénoms étant écrits sur les dossards, cela a permis les encouragements personnalisés.

Le centre ville se rapproche, je commence à reconnaître certains endroits que nous avons traversés en bus la veille. Trinity College. Cette fois-ci, je tiens le bon bout. La fatigue disparaît, je me sens encore assez forte pour
accélérer vers la fin.

Lors du repérage du parcours
Lors du repérage du parcours

26ème miles. Je ne vois pas ma famille vu que je n’ai pu les prévenir par SMS de ma progression.

J’accélère. Dieu que ces derniers mètres sont les plus longs. Une foule en liesse nous acclame comme des héros.

Je regarde au loin l’horloge. Moins de 4h30. Vite, Vite.

Je franchis la ligne avec un très grand sourire et beaucoup de soulagement. Même pas eu mal.

Mais si, je boite dès l’arrêt de la course comme si la trêve s’était achevée. Le corps et la réalité reprennent leur droit. Je me rends à l’évidence: je suis blessée.

Je récupère ma médaille bien méritée, un goodie-bag qui contient un Lucozade et une bouteille d’eau puis le tee-shirt Finisher. De nombreux coureurs boitent, je rejoins la sortie lentement mais je n’aperçois pas ma famille.

Heureusement, au bout de dix minutes, nous nous retrouvons au Meeting point. Je suis heureuse de les voir et eux sont soulagés de me savoir en bonne santé.

Suite dans le Carnet de Dublin.

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