Marathon de Berlin (Allemagne) le 20 septembre 2009

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36th Real – Berlin Marathon, mon deuxième Marathon

Médailles
Médailles

Pour mon deuxième marathon ( après celui de Paris en avril 2009), Berlin a été choisi pour sa proximité et parce qu’il fait partie des Cinq plus grands marathons du monde. Et puis, quatre jours étaient juste suffisants pour que les enfants puissent s’auto-garder. L’inscription a été facile. Les billets d »avion retenus à l’avance par Easyjet aussi. L’hôtel a été retenu avec Booking.com, un petit 3 étoiles sans prétention mais au centre de la ville et surtout à deux stations du départ.

Ma préparation

Marathon-Expo
Marathon-Expo

Début de l’entrainement le lundi 25 Mai 2009 sur 17 semaines.- 4 entraînements par semaine.

Nous récupérons le dossard au marathon-expo Berlin Vital grouillant de monde. L’excitation de participer à une grande rencontre, moi qui suis une très grande solitaire, me remplit de joie. Après avoir déposé nos affaires à l’hôtel, nous profitons du soleil pour visiter le musée d’Art contemporain. La nuit est courte.

Dimanche 20 Septembre 2009 – Berlin

Parcours Marathon Paris 2009
Parcours Marathon Paris 2009

Tout a bien commencé: un temps magnifique, un petit-déjeuner copieux et les jours précédents des spaghettis à foison. Je pense que je suis une fois de plus trop ambitieuse, prétentieuse et je veux courir plus vite que la musique.

Réveil à 5h00. Le temps est magnifique, le ciel est bleu. 15°C. Mes affaires sont déjà prêtes depuis la veille. J’ai tout étalé sur le canapé: mon débardeur et mon short (les mêmes que celui du marathon de Paris, par superstition, je suppose, mais je vais sûrement changer de tenue la prochaine fois, j’ai tout ce qu’il faut à la maison).
Mon dossard épinglé sur mon débardeur, mon cardio, ma montre chargée à fond, mes chaussettes, ma bande de compression, mes gels, une barre de céréales, mon vieux à jeter au début de la course. Tout est prêt!

La banane
La banane

L’hôtel a prévu un petit-déjeuner très matinal pour les marathoniens et ce matin, il n’y a QUE des marathoniens. La salle est bondée, les coureurs sont calmes, concentrés.
Nous sommes tous en tenue à avaler consciencieusement nos céréales, oeuf dur et toasts grillés.

Porte de Brandebourg
Porte de Brandebourg

Une heure après, une cohorte de coureurs déferle dans les couloirs des métros, dans les rues. Quarante mille participants et au moins autant d’accompagnateurs. En rajoutant les supporters: Berlin vit au rythme du marathon.
L’ambiance est festive, je commence à prendre conscience de mon inconscience. Le soleil est au rendez-vous. Nous quittons l’hôtel à pied et prenons le métro. Evidemment, il est bondé de marathoniens. A l’arrivée, une effervescence règne dans le parc de Tiergarten.
Ma priorité à chaque course: trouver les toilettes. Jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de problème. Heureusement, je trouve facilement les cabines. Et deux fois plutôt qu’une. L’heure du départ approche, nous nous quittons aux portes des sas de départ. Pour moi, ce sera 4h15.
Toutes les troupes colorées et concentrées convergent vers le point de ralliement: les sas de départ. Les familles et les couples se séparent et souhaitent bon courage à leurs coureurs.

Sans un mot, chaque participant rejoint sa ligne départ. Le stress est palpable. Sur le chemin, nous croisons un participant ayant des problèmes de transit. Il nous montre allègrement ses fesses sans honte.
La pudeur n’existe plus dans ces moments-là. Nous le dépassons en baissant pudiquement nos têtes.

8h40 – Je rejoins mon sas. Je suis noyée dans le flot de coureurs qui me dépassent tous d’au moins deux têtes. Nous piaffons d’impatience. Mon chéri est parti se promener et humer l’ambiance. Nous nous retrouverons dans 4 à 5 heures dans la zone de rencontre des familles.
Je n’ai pas peur, je suis entourée de pleins de mecs bourrés de testostérone et ruant dans les sas.

Les Elites
Les Elites

9h00 – Coup de feu. Les ballons s’envolent sur une musique des « Chariots de feu ». C’est parti, la foule s’élance lentement mais sûrement. je franchis la ligne de départ environ huit minutes après l’élite. Bip, bip. c’est parti.
C’est euphorisant cette foule et cette descente de l’avenue Unter den Linden. Une foule immense et enthousiaste est amassée le long du parcours et sera présente tout au long des 42,195 km. Du coup, je m’emballe un peu trop vite une fois de plus.
Mon cardio affiche une allure beaucoup trop rapide mais je me sens tellement bien. Je me colle sur 5:43 car je me sens bien (évidemment, c’est le début). Encore une erreur qui aurait pû être fatale (cf mon malaise au 9ème kilo lors d’une course de 10!!).

Poste de ravitaillement
Poste de ravitaillement

A partir du 15 ème, je n’en peux déjà plus, je ralentis à 6:00/km puis j’alterne honteusement marche et course, j’ai comme une impression de fatigue, je suis découragée, j’ai envie de de tout abandonner et de m’allonger sur le bas côté de la route.
Je ne suis pas la seule, alors je me laisse aller.
Je m’arrête à chaque ravitaillement. J’ai peur de mourir de soif. J’ai honte de moi.
Mais non, ma vieille , tu ne peux PAS baisser les bras, tu dois avancer coûte que coûte.
Je prends mon courage à deux pieds et je me remotive.

Post-ravitaillement
Post-ravitaillement

Nous traversons de nombreux quartiers que je regarde à peine. J’essaie de me concentrer. Quelle misère! Je voudrais courir mais je n’ai plus la force, je me demande ce que je fais là, j’ai envie de faire marche arrière.
Je pense alors à mon chéri qui m’attend à l’arrivée, je ne veux pas le décevoir.
Je cours, je marche, je cours, je bois. Ravitaillement tous les 2,5 km environ, heureusement car il fait chaud ce dimanche. Je me re-motive. Je ne suis pas la seule à ralentir.
J’essaie de profiter au maximum de l’ambiance de folie qui nous entoure, du paysage. Au 30 ème, ma montre me lâche, tant pis, je cours au feeling, je n’ai plus de repère.

Récupération
Récupération

A partir du 25 ème, je ne sais pas pourquoi, mon énergie est de retour, je ne peux plus revenir sur mon chrono mais je sais que je finirai cette course tant attendue. Au loin, sifflent les sirènes d’ambulance, mais ce ne sera pas pour moi, oh, non!
Avenue Unter den Linden: les arches se succèdent, la foule est dense et bruyante. Mes pas sont plus lourds, ma tête plus légère, et mon cœur déborde d’émotion.

500 mètres avant la porte de Brandebourg, une rumeur s’élève de la foule qui accueille comme il se doit les vaillants arrivants nous redonne à tous du courage. Beaucoup de monde marche, j’essaie de ne pas faire de même pour faire bonne figure à l’arrivée. Mais je ne peux accélérer, j’ai hâte d’arriver.Je passe sous la porte avec appréhension. Le porche d’arrivée est encore loin.
Allez, encore un effort. L’arche est au dessus de ma tête, les bips de libération sonnent au portique. Je n’ai pas la force de lever les bras devant les photographes.
Je souris intérieurement mais je suis soulagée. Je reçois ma médaille, un sac de ravitaillement puis une bière sans alcool. Je pose pour la photo Finisher.

4h33. Six minutes de plus qu’à Paris à cause d’une erreur tactique, encore une leçon de plus à apprendre et à assimiler.

Je suis toujours une débutante. Une fois la ligne d’arrivée passée, sous le flash des photographes officiels, nous marchons tous à petit pas. Je suis essoufflée et ma tête est dans un tourbillon.

Je suis un FINISHER.
Médaille Marathon Berlin 2009 Verso
Médaille Marathon Berlin 2009 Verso

Yeah, une deuxième fois. Un bénévole me remet ma médaille bien méritée et une couverture de survie. Puis, au bout de quinze minutes, nous atteignons le poste de ravitaillement où nous attendent victuailles et breuvage dont une bière sans alcool ( Allemagne oblige). Puis, après avoir récupéré mon sac,
je me dirige vers la zone réservée aux familles. Mon chéri m’y attend, un peu inquiet de mon retard, nous nous sommes croisés sur la ligne l’arrivée: j’ai couru à gauche et il se trouvait de l’autre côté. Il a cru à un autre malaise.

Mais je vais très bien. Après une petite récupération dans le parc de Tiegarten, nous rejoignons le métro pour me changer à l’hôtel avant de pouvoir reprendre notre visite de la ville.

Le lendemain, les marathoniens sont reconnaissables à leur façon de marcher, je n’essaie même pas de me tenir droite.

Prochain marathon, celui de Londres le 25 avril 2010

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